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Un chien vieux de 33 000 ans en Sibérie


siberie-33000-ans.jpgPubliée en 2011 dans PLoS ONE et relayée en janvier 2012 par le site de l’Université de l’Arizona, l’étude réalisée par une équipe russe et américaine du crâne fossilisé d’un chien, découvert dans l’Altaï sibérien, suggère que cet animal a été domestiqué dès -33 000 ans, sans être toutefois à l’origine des lignées de chiens actuelles, qui proviennent de domestications ultérieures. 

L’étude
Le crâne fossilisé d’un canidé, découvert dans la grotte de Razboinichya, dans l’Altaï (sud de la Sibérie), a fait l’objet d’analyses minutieuses effectuées dans plusieurs laboratoires, notamment dans le Laboratoire de spectrométrie de masse de l’Université de l’Arizona, sous la houlette de Greg Hodgins. Les chercheurs concluent qu’il s’agit d’un chien domestique, vieux de 33 000 ans – d’ailleurs contemporain d’un autre chien fossilisé découvert en Belgique – et distinct de toutes les lignées de chiens actuels. Ce qui contredit définitivement l’idée d’un événement unique, dans l’espace et dans le temps, comme origine de la domestication de cet animal.
     
Un spécimen exceptionnel
Extraordinairement bien conservé, ce fossile de l’Altaï a permis aux scientifiques d’effectuer, outre une datation au radiocarbone, des mesures multiples du crâne, des dents et des mandibules, et des comparaisons avec différents autres spécimens : des loups du Paléolithique ; des loups actuels ; des chiens domestiques préhistoriques bien documentés (les plus anciens ayant ‘seulement’ 14 000 à 9 000 ans) ; et enfin des chiens ‘modernes’. La forme la plus proche s’avère être le chien domestique actuel du Groenland (attesté depuis 1 000 ans). 
« Les loups ont un museau long et mince et leurs dents ne sont pas serrées, mais la domestication a eu pour résultat [chez le chien] ce raccourcissement du museau, cet élargissement de la mâchoire et ce chevauchement des dents. L'argument selon lequel [ce fossile sibérien] était domestiqué est assez solide. Ce qui est intéressant, c'est qu'il ne semble pas être un ancêtre des chiens modernes », déclare Hodgins. 

Une première domestication ‘avortée’
Avec ses 33 000 ans, le chien de l’Altaï est antérieur au dernier maximum glaciaire (LGM, en Anglais, entre -26 500 et -19 000 ans) : un refroidissement climatique qui a gravement perturbé les habitudes de vie des humains et des animaux vivant pendant cette période, et vraisemblablement entraîné, selon les auteurs, la fin de ces premiers épisodes de domestication, tant en Sibérie qu’en Belgique.
 « En termes d'histoire humaine, avant cette glaciation, les gens vivaient avec des loups ou d’autres espèces de canidés dans des zones géographiques largement séparées d’Eurasie, et ont vécu avec eux assez longtemps pour que [ces animaux] aient réellement changé sur le plan évolutif. Et puis, avec le changement climatique qui est arrivé, ces modes de peuplement humain se sont modifiés et ces relations avec ces lignées particulières d'animaux n'ont apparemment pas survécu », explique Hodgins. 

Origine multiple des chiens actuels
Les deux crânes (Altaï et Belgique) montrent que la domestication des chiens par des humains s'est produite à plusieurs reprises à travers la préhistoire, en des lieux géographiques différents, ce qui pourrait signifier que les chiens modernes ont des ancêtres multiples plutôt qu'un seul ancêtre commun – contrairement à ce que suggèrent certaines  études génétiques antérieures.
« Le chien (…) représentait probablement une protection, un compagnon (…). Et c'est vraiment intéressant que ceci semble s’être produit en tout premier lieu, en termes de relations entre humains et animaux », conclut Greg Hodgins.

F. Belnet

Sources : 
ScienceDaily, 
PLoS ONE

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